JUSTE LA FIN DU MONDE DE JEAN-LUC LAGARCE
- 21 sept. 2016
- 2 min de lecture

Jean-Luc Lagarce dramaturge français (1957-1995) au style décalé, écrit en 1990 à Berlin Juste la fin du monde. Il réalise le premier synopsis de la pièce en 1988 et apprend peu de temps après qu'il est atteint par le sida. L'auteur décède avant que sa pièce ne soit jouée sur scène. Louis, le protagoniste est écrivain mais se retrouve contraint d'écouter sa famille et ne peut leur annoncer sa mort prochaine. Cette pièce mêle deux désirs de paroles, celle de Louis et celles de son frère et de sa sœur « rien jamais ici ne se dit facilement » (page 71). Pour Lagarce, la vie est pleine d'absurdités, il ne veut pas rendre son théâtre absurde mais il veut le rapprocher le plus possible de la réalité.
La pièce se déroule « un dimanche, (…), ou bien encore près d'une année entière ». Il n'y a pas plus d'information, alors il faut se laisser emporter par les mots, par la parole de chacun.
Juste la fin du monde c'est aussi une illusion sur les autres : le sujet devient quelque chose, il doit se connaître. Pourtant aucun personnage ne se connaît lui-même ; l'autre empêche d'être soi
On retrouve une admiration chez la famille de Louis mais aucun ne partage ce qu'il est. Il se trouve en fait comme étranger dans sa famille, on tombe dans le théâtre de l'absurde (comme chez Ionesco par exemple).

Cette pièce nous perd et nous rattrape, on se trouve bloqué entre le désir des personnages de parler, de tout lâcher et leur incapacité à le faire. Comme si les mots allaient les éloigner plus que le temps qui s'est écoulé. On retrouve dans le travail de Lagarce les marques d'un drame, et les banalités d'une comédie familiale. L'auteur joue avec le lecteur et ses attentes par des propos décousus. Même si cette pièce semble complètement absurde, elle révèle la profondeur des rapports humains. On entre dans la banalité de la vie familiale, avec ses moments de blancs, ses moments de crises et la volonté de bien faire. Par la parole des personnages Lagarce nous offre une vraie analyse de la vie de famille.
« Ce que je pense
(et c'est cela que je voulais dire)
c'est que je devrais pousser un grand et beau cri,
(…)
hurler une bonne fois,
mais je ne le fais pas,
je ne l'ai pas fait. »
Louis
Charlène F pour Minimum Garanti



























































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