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Star Wars, the Force Awaken : Disney à la conquête des étoiles

  • 19 févr. 2016
  • 5 min de lecture

Ces dernières années le cinéma a régulièrement offert à la communauté geek des adaptations hollywoodiennes de comics sur grand écran : Les trilogies Iron Man et Batman, les deux opus des Avengers, etc. On a vu aussi paraître dans les salles l’œuvre de JRR Tolkien, un des premiers auteurs de fantasy, Le Hobbit partagé en trois films sortis entre 2012 et 2014. Seulement, rien n’a autant excité le monde entier que l’annonce faite en octobre 2012 par Disney après le rachat d’une licence mythique de la science-fiction : L’univers de Star Wars fait son grand retour dans une nouvelle trilogie.


C’est en France que les fans ont pu voir le film en premier. Sorti le 16 décembre, soit deux jours avant le reste du monde (afin de faire correspondre la date de sortie avec un mercredi), la suite de la saga de George Lucas a cette fois-ci été réalisé par le show runner de séries à succès, J.J Abrams. Peut-être aurait-il dû se contenter de ce format-là d’ailleurs… Mais ceci est une question que je traiterais plus loin.


Les trois personnages de la saga originale: De gauche à droite, Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hamill dans A New Hope (1977)


Le film se situe à la suite de la trilogie originale sortie entre 1977 et 1983. 30 ans se sont écoulés depuis que les héros de la Rébellion, Leia Organa (Carrie Fisher), Han Solo (Harrison Ford) et le jedi Luke Skywalker (Mark Hamill) ont vaincu l’Empire Galactique et les terribles siths Dark Vador et l’empereur Palpatine. Reprenant le thème du voyage initiatique propre aux récits homériques, nous suivons le voyage d’une jeune fille de la planète désertique Jakku : Rey (incarnée par Daisy Riley). Nous serons les spectateurs de son évolution au gré de ses rencontres. Ses premiers compagnons seront un stormtrooper déserteur du Premier Ordre (né des cendres de l’Empire) et un étrange robot sphérique répondant au matricule de BB-8. Ce dernier contiendrait des informations permettant de retrouver la trace du dernier jedi vivant, Luke Skywalker. Les trois compagnons se lanceront dans un périple où ils seront poursuivis par le sith Kylo Ren et ses stormtroopers afin d’apporter les plans à la Rébellion.


Ne désirant pas prendre le risque de spoiler certains ne s’étant pas encore rendus en salle pour le voir, passons à la critique : Je préfère prévenir d’emblée qu’elle s’efforcera d’être la plus objective possible, mais mon attachement personnel à la saga emblématique biaisera probablement en partie mon analyse.


Tout d’abord ce que je retiens de positif. Face à un univers où de nombreux personnages font figure d’icônes (Dark Vador, le petit maître Yoda, le duo comique de droïdes RD-D2 et C3PO…), JJ Abrams et Disney ont pris le pari de composer le film avec certaines de ces grandes figures[1] et d’ajouter des petits nouveaux. Ce sont la jeune Rey et son compagnon droïde BB-8, mais aussi John Bodega (Finn), Adam Driver (Kylo Ren), Oscar Isaac (Poe Dameron). Craignant d’abord que Disney n’ajoute ces personnages que dans un seul but commercial, je me suis d’abord méfié des nouvelles têtes d’affiches. Cependant, à l’exception du personnage de Kylo Ren (son cas sera traité plus bas), tous apportent un élan de fraicheur à l’univers parfois trop sérieux de Star Wars. Ils piquent notre curiosité, nous font sourire et même parfois franchement rire. Bien que sur certains aspects l’originalité ne soit pas au rendez-vous (utiliser un droïde comme mascotte par exemple), leur insertion dans le space opera a été sans accrocs.


Cependant, ces ajouts positifs sont bien peu face à la débâcle de cette soi-disant suite. Parlons tout d’abord du scénario. Quel est-il ? Nous suivons une jeune fille entre l’adolescence et l’âge adulte habitant une planète désertique. Lors d’une journée qui s’annonçait tout aussi ordinaire que les précédentes, cette demoiselle fait la connaissance d’un duo plutôt comique composé d’un droïde et d’un stormtrooper renégat. En vue des plans que le droïde possède (qu’il doit bien évidemment apporter à L’Alliance Rebelle), notre héroïne se voit obligée de quitter sa planète (non sans difficultés) poursuivi par un escadron du nouvel ordre maléfique. Là elle rencontre deux fameux contrebandiers, puis arrive dans un bar malfamé pour rechercher de l’aide, se fait capturer...etc. Le droïde arrive cependant entre de bonnes mains. Les rebelles se préparent à affronter une énième étoile noire,… etc. Bon nul besoin de rentrer dans les détails pour comprendre qu’il s’agit là d’une reprise à 75% du scénario du premier film Star Wars, « A New Hope ». Ajoutant ici et là quelques modifications (l’identité du méchant révélé dès le premier épisode notamment), Disney pense pouvoir duper les spectateurs en recyclant une recette qui a déjà fait ses preuves mais qui commence à être oubliés par les nouvelles générations de fans. Manque de bol, c’était sans compter la présence de vieux Rebelles dans les salles.


Alors que George Lucas leur avait proposé un scénario malgré le rachat de la licence, Mickey Mouse et ses copains ont préféré confier l’avenir de la galaxie dans les mains d’un jeu padawan, qui selon moi, est encore loin d’accéder au rang de jedi. JJ Abrams pourtant aidé de Lawrence Kasdan (qui avait co-écrit les épisodes l’Empire Contre-Attaque et le Retour du Jedi) n’a en rien ajouté sa marque à l’univers de Star Wars. Félicité d’avoir conservé un esprit rétro afin de retrouver l’esprit des premiers épisodes, il ne propose que peu d’images de combats au sabre laser et les scènes de combat aérien sont aussi furtives que les vaisseaux. Bien que les décors soient objectivement beaux, ils paraissent bien trop féeriques pour coller avec l’univers sombre de Lucas. Quant au choix aussi bien scénaristique que de l’acteur pour incarner le nouveau sith Kylo Ren, Abrams s’est trompé sur toute la ligne. Pour remplacer le très charismatique Dark Vador, nous n’avons eu le droit qu’à un méchant en apparence « stylé » (de par son look et son sabre laser avec une garde) mais profondément insupportable. Dès qu’il enlève son masque, Kylo Ren ressemble à un jeunot en pleine crise d’adolescence, incapable de réfléchir deux secondes par lui-même et semblant prendre un malin plaisir à geindre.

En résumé, bien que la nouvelle du retour de Star Wars excita de nombreux geek (dont je peux, sans rougir, me réclamer), la réalité fit l’effet d’un coup de blaster paralysant : la licence ne sert désormais qu’à vendre des produits dérivés et les efforts ne seront fournis que dans la communication et le commercial. Quand on pense que George Lucas peaufinait au minimum pendant 3 ans ses films, nous aurons maintenant droit à un film par an (alternance entre Spin-Off et suite) dont je n’ose même pas imaginer la qualité scénaristique.


L’Empire Disney a vaincu, et il ne nous reste plus qu’à nous tourner vers l’avenir en attente d’un nouvel espoir, ou mieux encore, du retour du vrai Jedi, George Lucas.

Lorenzo F pour Minimum Garanti

Bande annonce du film :




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