S'immerger dans la bande dessinée et l'animation japonaise : oui, mais comment ?
- 7 mars 2016
- 9 min de lecture

Vous n'avez pas pu passer au travers des Naruto, Dragon Ball, Yu-Gi-Oh et autres Akira devenus cultes dans cette culture parallèle qu'est la bande dessinée japonaise. Elle connaît de fervents défenseurs, mais aussi de sérieux détracteurs ; comment alors faire le tri entre tous les avis qu'on peut entendre à ce sujet, entre art vulgaire banalisant la violence et génie créatif ouvrant sur le monde ? Une seule solution s'offre alors à vous : vous faire votre avis. Mais entrer dans une culture si dense et diversifiée, cela demande d'être conseillé : pour apprécier un bon slice of life, il faut connaître le mode de vie des lycéens japonais, pour apprécier un bon Nekketsu, il s'agit de ne pas s'arrêter aux punchlines parfois clichés des héros testostéronés,... Bref, comment s'immerger pour la première, la seconde ou la troisième fois, dans une œuvre de bande dessinée ou d'animation japonaise ? Lesquelles choisir et pourquoi ? Voici quelques recommandations que je fais pour profanes, six par support, qui dépendent de mes goûts - évidemment - mais qui tiennent également compte de la diversité des goûts possible.
[if gte vml 1]><v:shape id="images6" o:spid="_x0000_s1032" type="#_x0000_t75" style='position:absolute;margin-left:-.2pt;margin-top:10pt; width:169.35pt;height:257.25pt;z-index:5;visibility:visible;mso-wrap-style:square; mso-wrap-distance-left:9pt;mso-wrap-distance-top:0;mso-wrap-distance-right:9pt; mso-wrap-distance-bottom:0;mso-position-horizontal:absolute; mso-position-horizontal-relative:text;mso-position-vertical:absolute; mso-position-vertical-relative:text'> <v:imagedata src="file:///C:/Users/DIEGOC~1/AppData/Local/Temp/msohtmlclip1/01/clip_image007.jpg" o:title=""></v:imagedata> <w:wrap type="square"></w:wrap> </v:shape><![endif][if !vml][endif]
Je recommande des œuvres qui ne demandent pas beaucoup de connaissances a priori sur la culture japonaise ou sur le genre auquel appartient la série ; ne vos enflammez pas si je n'ai pas cité certaines saga mythiques ; c'est soit que je ne les considère pas comme excellentes (et donc que ses faiblesses peuvent détourner le spectateur), soit que je ne les pense pas adaptées pour un premier contact avec la bande dessinée et/ou l'animation japonaise (références internes, genre décalé,...).
Si vous préférez le support papier...
Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa

Synopsis : Edward Elric, le plus jeune alchimiste d’État du pays d'Amestris sillonne le pays en recherche de la pierre philosophale qui permettrait de rendre son corps à son frère, dont l'âme est actuellement rattachée à une armure, et lui-même ayant des automails à la jambe gauche et au bras droit. Ces mutilations sont le résultat d'une transmutation humaine ratée, ayant pour objectif de ramener leur mère à la vie. L'échange équivalent, la misère humaine, le désir de pouvoir : la quête des deux frères se révélera vite semée d’embûches, les conduisant vers une vérité plus terrible qu'ils ne l'imaginaient.
Pourquoi ? L’œuvre est un véritable bijou, sans exagérer. Elle est bien ficelée, il y a beaucoup de personnages mais on ne s'y perd pas tant ils sont attachants. Les enjeux sont réels et on ne décroche pas jusqu'au grand final.
Et l'anime ? Allez-y les yeux fermés, privilégiez tout de même la version Brotherhood à la version classique, qui a été réalisée avant la fin de la publication de la série papier et dont le scénario est déviant de l'original.
Death Note de Takeshi Obata et Tsugumi Obha

Synopsis : Light Yagami, lycéen modèle, s'ennuie profondément dans ce monde qu'il trouve laid et corrompu. Un jour, il trouve un Death Note (carnet de la mort) dans la cour de son lycée, où sont inscrites des instructions. Celles-ci stipulent que ceux dont il sera écrit le nom mourront d'une crise cardiaque 60 secondes plus tard. Light y voit une occasion de purifier le monde de tous les malfrats et criminels, afin, à terme, de s'imposer en nouveau Dieu de la justice. Cependant, la police japonaise et L, un célèbre détective international, ne le laisseront pas faire.
Pourquoi ? Référence chez les adeptes, mais aussi première œuvre de nombreux profanes, Death Note remporte l'adhésion de tous de par sa réflexion sur la justice, sur la mort, sur le pouvoir. Mais attention pour ceux qui sont fâchés avec la lecture, Obata et Obha ont tendance à mettre beaucoup de bulles et par conséquent beaucoup d'écriture.
Et l'anime ? Pas de problème, fidèle et bien ficelé, même si l'animation commence à dater.
Great Teacher Onizuka (GTO) de Tohru Fujisawa

Synopsis : Onizuka est un ancien voyou qui décide de chercher sérieusement un travail afin de se “ranger” et de trouver, enfin, une copine. Il tente alors sa chance comme professeur de sciences sociales, et est (par miracle) engagé par un établissement privé qui ne parvient pas à prendre en charge ses élèves difficiles à l'aide des méthodes pédagogiques traditionnelles. Onizuka se promet de ne jamais devenir le genre de prof qu'il détestait quand il était à l'école, c'est-à-dire qui n'écoutent pas leurs élèves et qui les traitent d'incapables. Se faire respecter par des élèves à problème, trop souvent dépasser la limite du moralement convenable : comment sauver ces gamins pommés sans se faire virer ?
Pourquoi ? C'est une bonne introduction au fonctionnement de la société japonaise, au système éducatif japonais, avec beaucoup de dérision et un humour souvent très particulier. Il y a de la surenchère parfois, mais le rapport professeur / élève fait vraiment réfléchir.
Et l'anime ? Dans mes souvenirs, il est très bien. Cependant, l'animation date et, surtout, je recommande la version papier car elle est remarquable pour les encrages qui donnent des expressions incroyables aux personnages. C'est un style de dessin particulier mais vraiment très sympa pour les personnalités décrites.
Paradise Kiss de Ai Yazawa

Synopsis : Yukari, lycéenne obsédée par la réussite des concours à l'université, tombe des nues le jour où des élèves de l'école Yaz'Art lui proposent un travail de mannequin pour le défilé de fin d'année. Tous les plus excentriques les uns que les autres, elle hésite à s'engager dans une nouvelle aventure qu'elle n'avait jamais envisagé jusqu'à présent. Mais avoir un rêve, avoir un but, ne serait-ce pas ce qui lui manque afin d'être enfin actrice de sa vie ?
Pourquoi ? C'est une série en 5 tomes seulement, avec un dessin particulier mais agréable (traits fins, beaucoup de détails, utilisation de trame). Pour un shôjo (littéralement et injustement : manga pour filles), on a quelque chose d'original, avec des relations complexes et entrelacées.
Et l'anime ? À éviter absolument. Par contre, l'anime de Nana (de la même auteure) est tout à fait recommandable, bien que la série ne soit pas terminée.
Bloody Monday de Shin Kibayashi et Kouji Megumi

Synopsis : Fujimaru, officiellement élève de lycée et officieusement hacker justicier se retrouve mêlé à l'affaire du Bloody Monday, qui vraisemblablement coordonne un attentat bactériologique. Complot, amis, ennemis, espionnage : quel est le véritable but des terroristes ? Qui est avec qui ?
Pourquoi ? L'histoire est haletante, bien ficelée, le dessin est dynamique et on a envie de manger la série en une seule soirée. Les histoires d'espionnage et de complot ne sont pas rares dans le genre, mais cette série comblera les amateurs.
Et l'anime ? Il n'y en a pas…
Monster de Urasawa Naoki

Synopsis : Tenma, jeune chirurgien japonais, exerce en Allemagne et est promis à une brillante carrière, en plus d'être fiancé avec la fille du directeur de l'hôpital. Cependant, tourmenté par le fait d'être parfois contraint par ses supérieurs de sauver certaines vies plutôt que d'autres, une nuit il choisit d'opérer deux jumeaux plutôt que le maire de la ville. Après avoir sauvé le garçon, des morts mystérieuses se produisent autour des enfants. Et si le médecin avait ressuscité un montre... ? Il décide alors de fuir en prenant la responsabilité de retrouver et de stopper Johan.
Pourquoi ? Mis à part le fait que c'est une des seules séries qui prend intégralement place en Europe et que du coup c'est sympa, l'histoire est incroyablement construite, on frissonne à chaque page.
Et l'anime ? Vous pouvez y aller, mais l'animation date quelque peu. L'ambiance glauque de l'histoire fait que la luminosité n'est déjà pas au top, ce qui est particulièrement marqué par rapport aux productions actuelles.
* Si vous préférez le support numérique *
Vous pouvez commencer par les films d'animation, dont le format est plus accessible. Le garçon et le bête, les enfants loups Ame et Yuki de Mamoru Hosoda, tous les films (sans exception !) de Hayao Miyazaki et, par extension, la plupart du studio Ghibli. On est sur de l'excellent niveau, avec des œuvres accessibles mais moins enfantines que vous le pensez peut-être (ne montrez jamais Princesse Mononoké ou Nausicäa de la Vallée du Vent à des enfants).
Haikyuu!! (Studios Production I.G)

Synopsis : Hinata Shôyo adore le volley, mais n'a personne pour jouer avec lui au collège. Il persévère toutefois et choisit son lycée en fonction de la qualité de son club de volley. Sa candidature fait d'abord sourire, à cause de ta petite taille (1m64), mais quand ses coéquipiers constatent sa détente et sa force, il est titularisé. Commence alors la longue route vers le tournoi national... !
Pourquoi ? C'est un anime de sport très sympa, avec des personnages diversifiés et attachants. Rassurez-vous, je ne connaissais rien au volley, il faut même dire que je détestais en faire au collège. Mais toutes les techniques sont expliquées une à une, et on se prend très vite au jeu.
Et le manga ? Il est très bien, mais il faut avouer que voir les personnages s'activer en couleur et en musique, ça n'a pas de prix !
Fate / Zero (Studios Ufotable)

Synopsis : A Fuyuki, tous les x années, la guerre du Saint-Graal éclate entre les illustres familles de mages qui y vivent. Lors de cette quatrième guerre, chaque famille donne son maximum pour faire concourir un mage puissant invoquant un Servant puissant (héros de la légende revenu pour combattre sous les ordres du Master). Le but : obtenir le Saint-Graal, qui exauce le vœu le plus cher du gagnant. Chacune pense avoir plus d'un tour dans son sac, mais dans ce combat à mort où les destins sont entremêlés si fortement, tous les coups sont permis.
Pourquoi ? Fate Stay Night (qui se déroule 10 ans plus tard) est bien plus connu, c'est vrai. Et pourtant, Fate/Zero pour moi a beaucoup plus de charme, les personnages sont plus profonds, leurs relations plus complexes, on n'est pas dans une querelle d'adolescents qui se battent pour leur famille, pour exaucer un voeu ou simplement pour sauver leur peau.
Et le manga ? Il existe un manga en effet, mais c'est un manga publié a posteriori, après le succès de la série animée originale. En général, ces œuvres papier sont à éviter. Et c'est aussi le cas pour Fate/Zero. La série est originalement tirée d'un Light Novel.
Psycho-Pass (Studios production I.G)

Synopsis : Dans le futur, le Japon est devenue une société modèle où l'on peut quantifier l'état mental d'une personne par son psycho pass. La Section d'investigation criminelle est chargée de réguler les manifestations publiques de stress (des attentats, des prises d'otage par exemple) en détectant les criminels et les criminels potentiels. Akane, jeune enquêtrice, arrive fraîchement avec ses principes de justice, mais est vite amenée à découvrir que la réalité derrière ce système semble bien moins utopique.
Pourquoi ? Comment construire une justice ? Quelle est la place d'une population dans les décisions politiques ? Existe-t-il un sacrifice social ? Autant de questions qui se posent dans Psycho-Pass, avec des musiques et des graphismes très sympathiques, rythmés par des héros intéressants.
Et le manga ? Il n'y en a pas, œuvre animée originale !
Shigatsu wa kimi no uso (Studios A1-Pictures)

Synopsis : Kosei, virtuose du piano, arrête d'en jouer après le décès de sa mère. Et pour cause : depuis lors, il n'arrive plus à entendre ce qu'il joue. Tsubaki, son amie d'enfance, l'invite à l'audition d'une de ses amies violonistes pour lui redonner goût à la musique. C'est ainsi que Kaori, tel un ouragan, fait irruption dans la vie de Kosei un jour de printemps.
Pourquoi ? Les performances musicales sont superbes, les personnages sont attachants, vous êtes en permanence entre boule au ventre et pincement au cœur... C'est une très belle expérience à vivre que de se plonger dans cet anime.
Et le manga ? Je ne l'ai pas encore lu (publication en cours en France, sous le nom My lie in April) mais de ce que j'en ai vu, il est tout à fait recommandable.
Shingeki no Bahamut (Studios Mappa)

Synopsis : Il y a des millénaires de cela, les Dieux et les Démons durent s'associer pour faire face à Bahamut, un dragon qui menaça l'équilibre du monde. Son pouvoir fut scellé en deux clefs détenues par les deux parties. Mais un jour, une mi-démone mi-ange bouscula cet ordre en subtilisant la clef divine. Sans dévoiler ses intentions, elle croise la route de Favaro qui prétend pouvoir l'emmener dans les pays du Nord.
Pourquoi ? Un univers dark Fantasy, un héros roux avec une coupe afro... Dès les premières images, on se demande où va nous emmener cette série. Son rythme soutenu et ses personnages excentriques la rend vraiment séduisante, on ne s'ennuie jamais !
Et le manga ? Il n'y en pas. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est une adaptation d'un jeu sur smartphone !
Bakuman (Studios J.C.Staff)

Synopsis : Takagi, scénariste ingénieux convainc Mashiro, dessinateur doué, de s'associer afin d'écrire le meilleur manga du Japon. Ce dernier, d'abord réticent à cette idée depuis le décès de son oncle mangaka, finit par accepter en apprenant que la fille dont il est amoureux, Azuki Miho, rêve de devenir doubleuse d'anime. Ils se font alors une folle promesse, pour laquelle ils réaliseront leurs rêves respectifs.
Pourquoi ? Même si la promesse à l'initiative du récit est totalement niaise, on se laisse prendre au jeu. Pour ceux qui veulent découvrir les ficelles du métier de mangaka de l'intérieur, il n'y aura pas mieux. Il y a trois saisons et il est vrai, c'est long. Mais personnellement, dès que j'ai été prise dedans, je n'en suis pas sortie.
Et le manga ? Tout comme Death Note (mêmes auteurs), il y a beaucoup de texte. Mais ça reste sans conteste du beau dessin.
* Comment lire ? Comment regarder ? *
Les bibliothèques municipales s'équipent de mieux en mieux en bande dessinée japonaise, même si parfois on reste dans des séries soit très mainstream, soit très niaises. Vous pourrez donc certainement trouver quelques unes de ces séries près de chez vous, parfois même auprès d'amis ou de camarades de classe. Sinon, des teams de traduction sont organisées sur le net et vous pourrez facilement lire en ligne les scans de la plupart des séries que je cite ici, même si je ne vous ai rien conseillé qui n'ait pas encore été publié en France.
Pour les anime, je ne saurais que trop vous recommander les versions VOSTFR en ligne (évidemment) même si certaines teams de traduction sont parfois fâchées avec l'orthographe. Même si certaines de ces séries ont été doublées en français, je vous déconseille les versions DVD qui sont, il faut le dire, un massacre. Les moyens mis dans le doublage sont trop insuffisants dans la francophonie.
Pour les curieux, je vous donne le lien de mon animelist
Victoria pour Minimum Garanti
Crédits images : www.nautiljon.com



























































![Exposition Innov[art]ion, exposition 2.0](https://static.wixstatic.com/media/080c0c_1a12b088d3a04aa6894fbf75172b052d.jpg/v1/fill/w_445,h_250,fp_0.50_0.50,q_30,blur_30,enc_avif,quality_auto/080c0c_1a12b088d3a04aa6894fbf75172b052d.webp)
![Exposition Innov[art]ion, exposition 2.0](https://static.wixstatic.com/media/080c0c_1a12b088d3a04aa6894fbf75172b052d.jpg/v1/fill/w_244,h_137,fp_0.50_0.50,q_90,enc_avif,quality_auto/080c0c_1a12b088d3a04aa6894fbf75172b052d.webp)


















































Commentaires